Weekends entre passionnés

Le tourisme de proximité est une nécessité et une solution incontournable pour protéger notre environnement et assurer des relations saines entre habitants et visiteurs.

Le monde est tellement plus beau sans le tourisme de masse

La mise à l’arrêt du tourisme de masse durant la crise du covid-19 a eu des effets bénéfiques pour la planète, pour les espaces naturels et pour les destinations touristiques habituellement en situation de saturation.

L’exemple le plus frappant est celui de la ville de Venise. La cité des Doges, qui accueille habituellement 20 millions de touristes par an est désertée. Les 55.000 vénitiens se retrouvent entre eux, au calme, et profitent de la vie d’une ville ordinaire. Fait frappant, les eaux des canaux sont redevenues limpides avec la chute des flux de bateaux en tous genres.

tourisme de proximité
crédit photo octaviusGAP

Le temps d’arrêt et de réflexion que nous impose le confinement peut aussi nous amener à réfléchir à la façon dont nous voyageons, à l’impact que nous avons sur l’environnement et les destinations, et sur la façon dont nous pouvons agir pour améliorer les choses.

Voyager est une chance fantastique , que nous devons absolument préserver.

Voyager permet de découvrir d’autres cultures, d’autres civilisations et d’autres peuples. C’est un formidable vecteur de paix dans le monde, à condition bien sûr de prendre le temps de partir à la rencontre des habitants des pays que nous visitons.

Or, c’est de moins en moins le cas. Le voyage a fait place à l’industrie du tourisme de masse. Aujourd’hui, on achète un pack avion-hôtel-visites sur internet . Il nous mène de point photo en “restaurant typique” . Il nous garantit un logement conforme à nos normes de confort et une déco standardisée . Le tout sans effort et sans aucune surprise. Des applications sophistiquées nous guident pas à pas : plus besoin de demander des conseils à l’autochtone ou d’apprendre quelques notions de la langue du pays de destination.

Si le voyage est devenu aussi accessible, c’est qu’une énorme logique industrielle s’est déployée.

Elle a eu pour effet d’abaisser les coûts de transport ( billets d’avions en particulier). Elle a mis en place une offre de logements pléthorique, souvent aux dépens mêmes des habitants ( comme à Venise, Barcelone, San Sébastien..). Certains sites naturels se sont transformés en parcs d’attraction et sont désormais pollués voire dévastés, à l’image de la baie d’Along. Le tout alimenté par un marketing puissant ciblé sur un nombre restreint de destinations.

Alors au final quel intérêt pour chacun d’entre nous ? Se glisser entre une masse de touristes agglutinés au point photo pour immortaliser la minute que vous aurez passée devant “the place to see” ? Quand j’étais jeune ( dans les années 70 !), notre tante baroudeuse organisait des séances diapos pour nous raconter ses voyages. C’était un moment d’échanges et de découverte de paysages encore inconnus pour nous. Aujourd’hui, tout le monde se moque bien de votre selfie devant la tour Eiffel ou en haut du Machu Picchu , déjà vu des milliers de fois sur internet.

Economie de partage

Alors comment redécouvrir simplement le plaisir de voyager, de voir d’autres lieux, de rencontrer d’autres gens, sans nuire à l’environnement et aux habitants des destinations visitées ?

Aujourd’hui, l’objectif n’est pas de moins voyager. Il est de mieux voyager. L’idée est de répartir les flux de voyageurs dans l’espace et dans le temps, pour rendre le voyage plus agréable et plus serein. L’industrie du tourisme doit évoluer. Plutôt que d’envoyer une masse de touristes vers un nombre limité de destinations, il faut envoyer un nombre limité de touristes vers une masse de destinations. Le tourisme de masse doit faire place au tourisme de proximité.

La France est en ce sens une destination parfaitement appropriée pour développer un tourisme de proximité tout en maintenant cette source de revenus vitale pour notre économie.

Et pour cause ! 43.498 édifices classés, 45.000 châteaux dont 11.000 classés monuments historiques, 8.000 musées… Qui peut dire avoir tout visité ou avoir au moins vu les 45 sites classés au patrimoine de l’UNESCO ? Alors pourquoi aller passer nos weekends à empoisonner nos amis barcelonais ,vénitiens ou new-yorkais (et à polluer la planète au passage), alors que nous avons tant à voir en France ? La métropole compte 6 massifs montagneux, 5.400 kilomètres de côtes, 430.000 kilomètres de rivières. Et pourquoi prendre l’avion alors que nous avons 15.000 kilomètres de pistes cyclables aménagées ? Et également 180.000 kilomètres de sentiers pour découvrir le monde autrement ?

Il appartient à chacun de nous de repenser sa façon de voyager. Voyager mieux lorsque l’on voyage loin : partir moins souvent mais plus longtemps. Prendre du temps sur place pour rencontrer les habitants et ne pas courir que le” top 3 des choses à voir” vanté par tous les blogueurs de la planète.

Voyager à proximité, avec des moyens de transport propres, en privilégiant le train ou le covoiturage, mais pourquoi pas aussi le vélo et la marche à pied.

Faut-il tout réinventer ? Ou peut-être simplement revenir quelques dizaines d’années en arrière, tout en profitant du progrès apporté par le numérique pour nous aider à préparer notre voyage et partir à la rencontre des habitants.

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