Weekends entre passionnés

L’économie du partage rentre de plus en plus dans les mœurs

Comme à chaque grève SNCF, les français se tournent un peu plus vers le covoiturage. Ainsi, le nombre de places proposées sur Blablacar a doublé en Décembre 2019. La communauté de Blablacar atteint désormais 17 millions de personnes en France, soit un adulte sur trois ! C’est un véritable élan de solidarité qui a marqué cette période, les conducteurs disposant de places libres s’efforçant d’aider les voyageurs bloqués par les suppressions de trains.

L’usage rentre dans les mœurs. La confiance est désormais établie par les plateformes. Et les voyageurs découvrent et adhèrent de plus en plus à la convivialité liée à ce type d’usage. Etre accueilli dans le véhicule d’une personne qui partage vos valeurs n’est pas la même chose que de s’asseoir dans un train à côté d’un autre passager !

Mais l’intensification de la pratique du covoiturage  permet aussi aux français de mieux appréhender tous les avantages de l’économie du partage.

L’économie du partage, en permettant de mutualiser les ressources existantes, ouvre des perspectives économiques et environnementales sans précédent.

Le succès du covoiturage est surtout porté par les nouvelles technologies d’interconnexion des voyageurs. Celles-ci permettent de relier conducteurs et passagers empruntant le même itinéraire, ou la même portion d’itinéraire. Dans un avenir proche, on peut facilement imaginer la mise en place de correspondances .Ainsi Laurence pourra emmener Alain de Provins à Evry. Puis ce dernier sera ensuite récupéré par Adrien qui le conduira à destination Porte d’Orléans.

Le principe du covoiturage est simple : remplir les places vides dans les voitures pour optimiser l’utilisation des ressources (véhicule, carburant, espace routier).

covoiturage

Contrairement au rail, le  covoiturage  ne coûte pas un seul euro à la collectivité

Augmenter le nombre de passagers transportés via le covoiturage ne nécessite aucun investissement supplémentaire à la charge de la collectivité. Pas de voies ferrées supplémentaires à construire. Pas de trains à acheter. Pas de cheminots à rémunérer. Les grèves SNCF ont eu pour effet de braquer les projecteurs sur le coût annuel  du rail pour la collectivité : 12 milliards d’euros pour subventionner la SNCF, plus 3,3 milliards d’euros pour équilibrer le régime de retraite des cheminots. Et ce sans compter la dette de 40 milliards d’euros, que l’Etat envisage déjà de rembourser à la place de la SNCF.

Le covoiturage révolutionne notre schéma de mobilité en permettant d’optimiser les ressources existantes. On compte à ce jour plus de 1.100.000 km de routes en France contre 30.000 km de voies ferrées. Le covoiturage va offrir des solutions de déplacement de porte à porte et un maillage du territoire sans équivalent. La SNCF devra sans doute se concentrer sur les lignes TGV et les liaisons rapides  inter-métropoles. Le reste sera dominé par le covoiturage. La restructuration de la SNCF est donc inévitable, d’autant plus que l’ouverture à la concurrence démarre dès mi 2020.

Le covoiturage est une source d’économie budgétaire pour tous les français.

Il permet au conducteur  de partager et donc de réduire ses frais. Un véhicule coûte en moyenne 6.000 euros par an : le covoiturage ouvre donc de fortes perspectives d’économies pour les ménages français.

De son coté, le passager bénéficie lui d’un moyen de transport bon marché, bien souvent moins cher qu’un billet de train.

Nos filles- étudiantes à Paris-  en ont fait l’heureuse expérience pendant les fêtes. Leurs TGV Niort –Paris ont été annulés. Elles ont obtenu le remboursement de leurs billets de TGV à 50 € (tarif carte Jeune) et ont pu voyager pour 27 € chacune avec des conducteurs sympathiques qui les ont déposées devant chez elles dans Paris et à Cachan. Imbattable !

Enfin, le covoiturage permet de préserver l’environnement en mutualisant l’usage des véhicules

En remplissant au mieux les voitures, le covoiturage permet de limiter la pollution, les embouteillages et les problèmes de stationnement. On sait que le périphérique parisien est bouché tous les jours et que si les franciliens étaient 1,7 par véhicule contre 1,1 actuellement  il n’y aurait plus d’embouteillages. Alors imaginez la vie à 3 ou 4 passagers par véhicule !

economie du partage

De la société de (sur) consommation à la société du partage

La croissance économique du siècle dernier, et notamment des 30 glorieuses a été portée par le concept de production et de consommation de masse. Produire plus pour abaisser le coût de revient et vendre en masse pour limiter les coûts de distribution.

Aujourd’hui la société de consommation atteint ses limites : épuisement des ressources naturelles, pollution, embouteillages, explosion de l’obésité et des allergies, effets de saturation des consommateurs…

L’automobile est l’un des principaux symboles de la société de consommation. Mais en quelques décennies, on est passé du progrès au trop plein. Ainsi, on compte en France  32,7 millions de voitures particulières en circulation, ce qui doit bien représenter 120 à 130 millions de sièges, soit pratiquement deux fois la population française. Les voitures ne roulent que 4% du temps, et dans 75% des cas il n’y a qu’un passager à bord. Nous sommes clairement dans une situation de surcapacité.  

Ce mouvement de masse des français vers le covoiturage est donc extrêmement vertueux et reflète l’évolution des comportements des consommateurs, plus attentifs à l’environnement et plus sensibles à la convivialité qu’apportent ces nouveaux usages.

Car le partage ne se limite pas au covoiturage. On le retrouve dans de nombreux domaines comme le partage ou la revente d’objets. Et on le trouve également dans le logement. Sur le même principe que le covoiturage, il s’agit de remplir les logements vides. Louer, échanger, prêter son logement en son absence est un comportement qui permet d’augmenter l’offre disponible. Ce faisant, on contribue ainsi à limiter la bétonisation des zones touristiques, ou à  réduire la pression foncière dans les métropoles. De la même façon, en accueillant des voyageurs dans ses chambres disponibles, on contribue également à mutualiser les ressources existantes dans un contexte convivial, à l’image de celui qui s’établit entre le passager et le conducteur qui l’accueille dans sa voiture.

economie du partage

Le covoiturage est sans aucun doute le fer de lance de l’économie du partage et du développement de ces nouveaux usages vertueux. Que les cheminots grévistes- qui ont largement poussé les français à s’y intéresser- en soient ici remerciés.