Weekends entre passionnés

Très heureux d’être présenté aujourd’hui parmi les entrepreneurs sociaux remarqués par Act for Impact by BNP PARIBAS !

Retrouvez l’article de Gaëlle Breton de l’Agence Sans A  en suivant ce lien, ou sa reproduction ci-dessous.

Act for Impact


Entretien avec Benoit Fahy, Cofondateur de My Weekend For You.

Act For Impact by BNP PARIBAS

Act For Impact by BNP PARIBAS

Spécialiste de la communauté d’entrepreneurs sociaux

 

Entouré de ses trois associés, Sabine, Fanny et Guillaume, cet ancien gestionnaire de patrimoine a décidé de lancer son entreprise sociale : une solution d’hébergement touristique accessible à tous. Ce qui l’anime, c’est de développer une forme de voyage plus conviviale et plus authentique qui permette à plus de gens de partir en week-end.
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Bonjour Benoit ! Pitchez-moi My Weekend For You (MWFY), quelle est la genèse du projet ?

MWFY, c’est une plateforme où l’on s’invite en weekend les uns chez les autres, pour que nos hôtes nous fassent découvrir leur ville ou leur région. Chaque personne propose un panel d’activités, qu’elles soient culturelles ou sportives : balade, visite, gastronomie, randonnée, VTT, moto, cheval, pêche… Bref, tout ce que l’on veut !

J’ai toujours su que je voulais monter mon entreprise, dès le début de mes études supérieures. C’est à mon ancien poste de gestionnaire de patrimoine que j’ai découvert l’économie de partage, qui me passionne, lancée par quelques géants comme BlaBlaCar et Airbnb.

En discutant avec ma femme et des amis, nous nous sommes aperçus que nous faisions notre crise de la quarantaine (rires), avec ce triste constat : nous ne nous satisfaisons plus de vivre dans un monde promouvant l’ultra-consommation et la course au profit, nous avons beaucoup plus à apporter ! Ce que nous voulions vraiment ? Donner encore plus de sens à notre travail, promouvoir de nouveaux modes de consommation davantage axés sur le partage et la réduction des inégalités sociales. C’était une vraie vocation pour ma part !

J’ai donc commencé à me documenter sur cette nouvelle économie et parallèlement, je voyageais beaucoup avec ma femme. Nous rendions principalement visite à des amis ou à la famille, qui nous hébergeaient pour l’occasion. Nous avons continué ce mode de voyage à dormir chez l’habitant, parce que c’est une autre manière de découvrir une ville, un pays, une culture. Et surtout, cela nous assure l’authenticité du séjour : plutôt que d’arriver à l’hôtel avec notre guide papier dans les mains sans parler aux locaux, pourquoi ne pas loger chez l’habitant ?

C’est là que nous avons eu le déclic, « tiens, c’est dommage qu’il n’y ait pas quelque chose qui existe comme cela, pour se faire des amis partout dans le monde ». Je me suis alors renseigné sur l’économie de partage appliquée au tourisme pour retravailler notre idée. Il y avait déjà des réseaux d’hospitalité, comme Couchsurfing et d’autres plateformes, mais il n’y en avait aucune qui proposait à la fois l’accueil et des activités pour les visiteurs. Ainsi, nous répondons aux nouvelles attentes des voyageurs qui recherchent de l’authenticité, une expérience immersive, et surtout, des rencontres. C’est tout le secteur du tourisme qui se transforme, d’ailleurs, les revenus de l’écotourisme ont triplé en 5 ans.

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Pouvez-vous m’en dire plus sur votre business model ?

Créée en 2016, notre plateforme est un service de mise en relation que nous proposons sous forme d’abonnement à 50€ par an. Nous sommes quatre dans l’équipe : deux sur la partie tech, ma femme et moi sur la partie développement commercial et communication.

Pour ce qui est de notre stratégie de développement, nous nous référons beaucoup au business model de BlaBlaCar. La première étape était de faire grandir notre communauté et de rassembler suffisamment de monde sur la plateforme pour pérenniser le trafic. Pour cela, il nous fallait concevoir la plateforme, développer nos réseaux sociaux et plus généralement nous faire connaître. Nous comptons aujourd’hui 27 000 membres, répartis dans 29 pays !

Maintenant que nous avons de l’offre sur la plateforme et un service fiable, nous pouvons entrer en phase de monétisation. Il faut désormais souscrire à l’abonnement pour pouvoir contacter les hôtes. Ce business model fonctionne déjà dans le tourisme collaboratif. Ainsi, WWOOF propose un abonnement annuel de 30 € et Home Exchange de 130 €.

Nous avons beaucoup réfléchi à notre tarif, que nous avons validé après de grosses enquêtes utilisateurs. Nous nous sommes dit que finalement, ce n’était pas excessif de payer ce prix pour pouvoir être hébergé tous les weekends pendant un an chez l’habitant. Mais surtout, il nous fallait gagner la confiance des voyageurs : MWFY est un service payant pour garantir l’assistance des utilisateurs et la sécurité de la plateforme, en passant notamment par la vérification des profils des utilisateurs. Notre force, c’est notre communauté !

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Comment fidéliser les membres de la communauté MWFY ? Qui sont-ils ?

Ce sont des personnes ouvertes qui ont envie de montrer leur environnement. Elle n’hésitent pas à aller chercher leurs invités à la gare ou à l’aéroport et partager leurs passions ! Notre communauté représente le segment 35-65 ans à 60% féminin. Nos membres souhaitent passer de bons weekends rythmés par les échanges, la découverte culturelle et les activités sportives.

Hormis les voyageurs, nous avons identifié des sous-communautés en fonction des activités préférées de nos membres. Les motards sont les plus nombreux chez nous, près de 7000 membres ! MWFY est très adapté à leur pratique, puisque les aspects partage, échange et aventure sont propres à leurs sorties moto. Les randonneurs sont les deuxièmes plus nombreux (6000 membres), suivis par les cavaliers (2000 membres) et les cyclistes (1000 membres).

Nous avons développé toute la plateforme dans un esprit communautaire. Les membres remplissent leur profil, se présentent, ajoutent une photo… Puis vient le moment du retour d’expérience, que nous valorisons grâce à notre système d’ambassadeur : statistiques de vérification, avis des membres, photos des moments partagés, etc. Cela nous assure la bienveillance et la convivialité des expériences MWFY !

Qu’en est-il de vos besoins de financement pour le développement de votre entreprise sociale ?

Nous avions déjà fait une levée de fonds en 2016 pour financer le développement de notre plateforme. Cela nous a aussi permis de communiquer sur MWFY et parallèlement, nous suivions une session d’accélération auprès de la French Tech Culture à Avignon début 2017 : nous avons gagné en visibilité rapidement. Nous avons lancé la plateforme MWFY en avril 2017 ; en ajoutant quelques passages TV, notre trafic web a vite décollé !

Pour 2019, nous souhaitons donner un coup d’accélérateur sur les leviers de communication pour pouvoir faire grandir rapidement la communauté MWFY. Nous nous sommes fixés un objectif de 140 000 membres à fin 2020 pour arriver à l’équilibre de notre modèle. C’est pour cela que nous avons lancé une campagne de crowdfunding en début d’année sur Ayomi. La seconde étape sera de rencontrer les business angels, les investisseurs, et ainsi faire un tour de table pour les besoins de financement restants.

Le petit mot de fin : qu’est-ce que c’est, être entrepreneur social ?

Être entrepreneur social, c’est être un entrepreneur comme les autres ! Nous souhaitons réussir notre projet d’entreprise. Ce qui change dans nos objectifs, c’est que ce projet a pour but d’être utile. Le prisme a changé : nous cherchons à avoir un impact positif sur la société par notre business, non plus seulement une rentabilité économique.

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Réalisation : Sans A – Gaëlle Breton