Weekends entre passionnés

Le télétravail s’est soudainement imposé à près de 8 millions de français qui se sont mis à travailler depuis chez eux pendant la crise du COVID-19. Tous les freins habituellement exprimés par les entreprises ont volé en éclat. En quelques jours, il a fallu mettre à disposition du matériel informatique, des liaisons sécurisées…et faire confiance. Alors bien sûr, tout n’est pas encore parfait. Mais à l’heure de la reprise, 62% des français affirment vouloir faire plus de télétravail selon un sondage mené par Deskeo, premier opérateur de bureaux flexibles en France,

Des gains appréciables en terme de qualité de travail et de vie pour les salariés.

Travailler à domicile, pour peu qu’on ait l’espace suffisant et le calme nécessaire est un vrai plus pour les salariés, notamment dans les métropoles. Alors bien, sûr la période du confinement a pu être compliquée: enfants à la maison, espace limité… Mais à l’avenir et en s’organisant , de nouvelles perspectives s’ouvrent.

Ainsi, Deskeo indique que dans un premier sondage réalisé après quelques jours de confinement ,trois quarts des Français en télétravail forcé regrettaient déjà leurs bureaux. Mais après quatre semaines d’expérimentation de cette pratique, ces mêmes Français affirment vouloir poursuivre le télétravail.

Car effectivement les avantages pour les salariés sont importants:  gain de temps dans les transports (pour 38 %),  travailler au calme pour pouvoir se concentrer (27 %) et s’organiser plus librement (19 %).

Alors que se passera t’il après le 11 Mai ? Tout d’abord il faudra maintenir le télétravail le plus longtemps possible – à la demande du gouvernement – pour contenir la propagation du virus. Selon le ministère du Travail, près de 4 emplois du 10 sont compatibles avec le télétravail .Mais on peut parier que de nombreux salariés voudront continuer à recourir partiellement au télétravail, histoire également de maintenir le nécessaire contact avec leurs entreprise et leurs collègues.

Et si nous imaginions une situation où le télétravail se généraliserait deux à trois jours par semaine pour des millions de français ?

Ceci aurait pour premier effet de désengorger des transports, et de permettre ainsi de se rendre au bureau de façon plus rapide et plus agréable.

teletravail covid 19
Capture d’écran Sytadin du 27/04/220

A moyen terme, on pourrait imaginer une redistribution importante du paysage urbain. Que vont-faire ces millions de citadins qui sont partis vivre plusieurs semaines dans leur résidence secondaire ? Et que penser quand on habite un petit appartement en ville, et que l’on pourrait avoir plus d’espace en s’éloignant, ce qui est réalisable avec le télétravail ? Les promoteurs ont déjà anticipé les besoins des français : plus d’espace, notamment extérieur avec balcon, voire terrasse. Alors pourquoi pas une pièce supplémentaire pour en faire un bureau et un bout de jardin?

Les métropoles sont des lieux anxiogènes , plus exposés aux pandémies, mais aussi au terrorisme, aux émeutes, aux grèves à répétition…De plus en plus de parisiens se posent la question de s’éloigner de Paris , voire de partir en province en conservant un pied à terre dans la capitale.

Une opportunité pour les entreprises de réduire leurs charges de bureaux .

Dans les métropoles, comme à Paris, les frais de sièges représentent des coûts importants pour les entreprises, qui cherchent depuis longtemps à délocaliser leurs équipes en périphérie ou en banlieue.

Or un fait nouveau vient d’émerger : 79 % des salariés sont prêts à sacrifier leur bureau attitré pour faire plus de travail à la maison. Cela ouvre des perspectives inédites aux entreprises pour réduire leur surface de bureau, développer le flex-office et les open-space en généralisant le télétravail partiel.

Bien entendu, il faudra accompagner ce mouvement sur le plan managérial, car pour l’instant, les choses se sont faites dans l’urgence, et ont surtout porté sur des éléments techniques et organisationnels. Ainsi 12% des sondés ne souhaitent pas changer leurs habitudes et veulent retrouver leur ancien rythme de travail. Et selon une étude * 44 % des salariés français sondés se sentent en situation de “détresse psychologique” et un quart d’entre eux présente un risque de dépression nécessitant un traitement. Par ailleurs, le fait d’être en couple ou avec un enfant sont des facteurs aggravants.

Il y a donc une phase d’accoutumance à développer au niveau des salariés pour mieux s’organiser et gérer ce temps de travail à la maison en apprenant à déconnecter, voire en étant contraint de le faire avec des systèmes de coupure de réseau.

Côté entreprise, il va falloir sortir de la culture du présentéisme et faire évoluer le management.Celui -ci devra donner du sens au travail, définir de nouvelles règles et de nouveaux rapports de confiance. Il faudra gérer la performance et non la présence, organiser une réunion d’équipe en début de semaine pour maintenir la cohésion , puis suivre l’évolution et les résultats à distance.

Une redéfinition du schéma urbain qui pourrait être propice à tous.

Le développement du télétravail partiel ( 2 à 3 jours par semaine ) pourrait donc avoir des effets bénéfiques énormes. Tout d’abord, les réseaux de transports en commun et routiers seraient nettement plus fluides. Ensuite, on peut imaginer une baisse salutaire des tensions sur le marché immobilier des métropoles: baisse des surfaces de bureaux libérant de l’espace pour l’habitation, éloignement des habitants des centre-ville , voire départ pour la province ou la campagne.

Combien de temps les franciliens vont-ils encore accepter de souffrir dans les transports et de se ruiner en logement alors que le télétravail a fait ses preuves?

*Etude menée auprès de 2 000 salariés français à la demande du cabinet spécialisé en risques psychosociaux Empreintes Humaine avec Opinion Way 

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